Nouvelles de Californie

30 mai 2005

Journée de referendum à San Francisco

La queue devant le Consulat Général de France à San Francisco était relativement longue lorsque nous sommes arrivés samedi vers midi. Les expatriés attendaient leur tour pour se prononcer sur le projet de constitution européenne, quelques heures avant l'ouverture des urnes en métropole, décalage horaire oblige. Nous n'étions là que pour accompagner notre ami André, nos bulletins devant être déposés dans les urnes de Caluire et Francheville par nos papas à qui nous avions donné procuration il y a quelques mois. Le soleil nous réchauffait entre deux bourasques de vent frisquet.

Le devoir accompli nous avons retrouvé Ed, notre ami franco-américain étudiant en droit, qui fut aussi notre colocataire pendant une année avant de déménager à San Francisco en septembre dernier. Nous avons mangé tous les quatre, et en compagnie d'un couple d'amis d'André, au Café Bastille, à quelques mètres de la grande porte du quartier chinois, voisin du petit quartier français. Quiche, frites, boudin noir, œufs au plat ou mergez... Un petit goût de bistrot parisien au milieu des grattes-ciel du quartier financier.

Ed nous a ensuite invité chez lui. Il loue avec quatre autres personnes une superbe maison d'officier du Fort Mason, sur la pointe Nord de la ville, sur une colline surplombant la baie, Fisherman's wharf, Alcatraz et le Golden Gate Bridge. Fort Mason est une ancienne base militaire du XIXème siècle qui est devenue un des grands pôles culturels de San Francisco. Les maisons sont louées à des particuliers par le service des parcs nationaux. Imaginez la campagne à la ville : une immense maison sur deux étages, au moins six chambres, du parquet qui craque dans toutes les pièces. Des canapés dans tous les recoins pour admirer la vue et lire les nombreux livres qui couvrent les murs. Autour, des jardins un peu sauvages, des mûres, des églantines, au milieu des coquelicots oranges de Californie, des rosiers, des eucalyptus à l'odeur envoûtante, et d'un gigantesque magnolia sur lequel s'égosillent quelques perroquets verts et rouges (ils sont célèbres, ces perroquets sauvages, sans doute arrivés ici par bateau, et qui ont élu domicile en pleine ville, notamment sur Telegraph Hill). Il y a même un putois qui se promène tranquillement. On voit la ville s'agiter au loin, les bateaux qui vont et viennent dans le port, les membres du club "Dolphins", qui nagent le crawl dans l'eau glaciale de la Baie...

Plus tard nous sommes allés marcher dans le Golden Gate Park, cet immense rectangle boisé qui traverse la ville. La roseraie fait face au nouveau musée de Young, en construction, bel édifice en cuivre tout neuf, encore rouge. Dans le jardin botanique pousse paraît-il un laurier au parfum délicieux, et qui fournit chaque année la cuisine d'André. Dommage, la grille est déjà fermée. Nous allons faire un tour dans le jardin japonais. Des iris émergent d'un basin tout calme. C'est de toute beauté.

Après cette longue journée passée sous le doux soleil de San Francisco, nous rentrons à Sunnyvale : tout droit vers le Sud pour sortir de la péninsule et retourner au fond de la Baie. Nous longeons la faille de San Andreas, remplie d'eau, les collines verdoyantes qui nous séparent de l'océan.
Dimanche nous lisons les résultats du vote. En France 55% pour le non. Ici, 87% pour le oui... Qu'est-ce qui cloche ?

REFERENDUM
RESULTATS A SAN FRANCISCO
Inscrits : 8648
Votants : 1660
Suffrages exprimés : 1658
En faveur du OUI : 1452
En faveur du NON : 206