Nouvelles de Californie

26 juin 2005

Concert à Saratoga

Il s'est passé mille et unes choses cette semaine, du départ de Viviana et Chris, qui quittent définitivement les Etats-Unis pour Munich (Viviana est une amie équatorienne avec qui nous avons loué une grande maison à Sunnyvale pendant plusieurs années), aux activités plus régulières (cours d'espagnol, restau et ciné avec Stéphane, thé à la menthe chez Sami et Lamia...) et j'en passe. La semaine s'est terminée par un concert en plein air sur les hauteurs de Saratoga.

Saratoga fait partie de ces villes extrêmement riches de la Silicon Valley. Les maisons sont immenses, ont une imposante porte d'entrée, une cave remplie de vins coûteux, des hectares de terrain. Les restaurants du centre-ville (en fait une seule rue, c'est une petite ville) sont français, c'est un signe : nappes blanches et compagnie. Les gens sortent très bien habillés, ce qui est très surprenant dans cette région où tout le monde se balade en jeans et T-shirt quasiment tout le temps. La ville est située légèrement en hauteur sur la rive Ouest de la vallée de Santa Clara (la Silicon Valley), au pied des montagnes qui nous séparent de l'océan.

Le concert a lieu à la Mountain Winery, un vignoble au-dessus de Saratoga. On se gare et on traverse quelques vignes dominant une mer d'immeubles, de maisons et d'autoroutes mêlés aux arbres et jardins verdoyants. En quelques centaines de mètres nous arrivons sur une esplanade où les spectateurs sirotent du vin californien en attendant le début du concert, haut talons, robe de soirée, un châle enveloppant les épaules, ou costume. Heureusement nous ne sommes pas les seuls à avoir opté pour le blouson, le jean et les chaussures fermées pour nous protéger du froid. Dès que le soleil se cache derrière les montagnes l'air devient très très frais sur ces hauteurs.

Nous descendons dans les gradins qui entourent la scène, posée devant la façade d'une église espagnole du XIIème siècle apportée ici dans les années 1900 après un séjour à la cathédrale de San José. Les vieilles pierres recouvertes de lierre dorent au soleil couchant. Les grillons se mettent à chanter. L'endroit est superbe.

Nous avions acheté les billets pour voir Cesaria Evora, mais elle s'est décommandée... Nous avons gardé nos places pour découvrir sa première partie, Madeleine Peyroux, qui devient la star de la soirée, précédée sur scène par Iris Dement. Tous les autres spectateurs ont l'air d'avoir fait le même pari : pas une chaise, pas un gradin vide.

Iris Dement chante sur des airs de country et de gospel du fin fond de l'Arkansas en s'accompagnant à la guitare ou au piano. Robe jaune citron, veste bleu turquoise, chaussures rouges vernies. Les paroles sont pleines d'humour, de même que ses interventions entre chaque chanson.

Entracte, puis entrent en scène Madeleine Peyroux et ses musiciens : un pianiste, un contre-bassiste et un batteur. Elle s'accompagne à la guitare. Sa voix fait penser immédiatement à Billie Holiday. Les airs aussi : jazz mélancolique des années 20, histoires d'amour... Petit à petit le public se passionne pour ses airs et pour les brillants solos des musiciens. Entre deux chansons on entend les grillons.

La soirée se termine avec "La Vie en Rose". Nous redescendons de la colline, prenons les autoroutes que nous voyions d'en haut tout à l'heure, retournons sous l'un de ces innombrables toîts, pas mécontents que le hasard nous ait permis de découvrir ces artistes.