Nouvelles de Californie

30 août 2005

Deux soirées américaines

Nous nous passé la soirée de mardi dernier avec Mike et Failop à San Francisco. Au programme : crèpes et frites belges chez Fritz dans le joli quartier de Hayes Valley avec sa grande rue étroite bordée d'alléchants petits magasins indépendants (les chaînes n'ont pas le droit de s'y installer), ses restaurants aux jolies cours intérieures. Crèpe Picasso ou Goya, cornet de frites dans du papier, un Orangina, le tout autour d'une table en mozaïque colorée dans la cour intérieure fleurie d'une maison victorienne dont les papiers peints n'ont pas été changés depuis...

Puis nous sommes allés au théâtre Orpheum, superbe avec ses décors inspirés d'une cathédrale française du XIIème siècle. Nous y avons vu une comédie musicale de Broadway, "Wicked", qui raconte l'histoire de la méchante sorcière de l'Ouest du pays d'Oz. Failop avait tout prévu et nous avait loué le film Le Magicien d'Oz de 1939 pour nous mettre au courant la veille. Nous avons donc pu apprécier toutes les références de ce spectacle très américain (belle expérience culturelle !) et très reussi dans son genre. Cela tenait un peu de l'opéra : orchestre, chanteurs et mise en scène, histoires d'amour et quiproquos. Sauf qu'ils avaient des micros invisibles collés sur le front, ces tricheurs, et que la musique n'était pas exactement du Mozart (mais pas mal à vrai dire). Quand au public, il applaudissait avec un enthousiasme démesuré chaque "performance" vocale, comme on encourage un sportif ou un funambule. Surprenant mais très divertissant. Au bout du compte nous avons passé une très bonne soirée en nous plongeant dans cette histoire pleine de rebondissements.

Le dimanche précédent nous avons fait un peu de kayak avec Mike et Failop. Une heure très tranquille, sur un lac artificiel de Los Gatos à la temperature idéale, sous la douce chaleur de fin d'après-midi (cela donnait envie de tomber à l'eau !). Plus tard dans la soirée nous sommes allés ensemble au restaurant. Nouvelle expérience américaine parce que nos amis sont un peu difficiles côté alimentation. Ils ont opté, après maintes hésitations, pour PF Chang, une chaine de cuisine d'inspiration chinoise pas mauvaise mais ultra américanisée : ce qui compte c'est le décor, la politesse des serveurs, leur promptitude à apporter les plats, etc. Le menu donne les calories de chaque plat pour ceux qui soignent leur ligne ; il est possible sur simple demande d'échanger des ingrédients, de modifier la cuisson, etc... On ne peut moins authentique, mais bien : les couverts sont propres. Je plaisante... Mais c'est un peu ça. Au moins on n'a pas de mauvaise surprise, ce qui est le critère de choix numéro 1.

Ces deux expériences sont amusantes à raconter parce qu'elles renvoient un peu aux clichés de l'Amérique consommatrice. Mais j'ai bien sûr forcé le trait pour mettre en valeur "l'exotisme" de ces soirées qui nous ont avant tout permis de passer d'agréables moments au théâtre et au restaurant avec nos amis.

16 août 2005

Un petit air de Méditerranée

Dimanche soir nous avions invité Vince, Tammy, Mitch et Judy à la maison. Vince, Tammy et Mitch sont tous des californiens pure souche. Judy est hong-kongaise mais a fait ses études à Berkeley comme les trois autres.

La dernière fois que Vince et Tammy sont allés en France (c'était en 2003 pour le mariage d'Anne-Sophie et Luc, des amis français –Anne-Sophie était à CPE-Lyon avec nous– qui ont permis la connexion entre tout ce beau monde), ils ont rapporté deux jeux de pétanque, soit 16 boules d'acier qui leur ont valu quelques questions à la douane... mais nous permettent désormais de jouer comme en Provence, en sirotant un pastis. Vince et Tammy ont gardé un des jeux et nous ont gentiment fait cadeau de l'autre, en prévision de compétitions acharnées !

Hier nous avons joué au champagne californien, c'est moins méridional que le pastis mais pas désagréable, surtout quand la bouteille vient directement de la coopérative (c'est plus "authentique"). La chaleur et le soleil ayant transformé une partie de notre jardin en sol bien sec et dur, nous avions un terrain de boules à portée de main ! Mais nous n'avons pas fait beaucoup d'exploits car ce rectangle de pelouse rabougrie est on ne peut plus irrégulier. C'est par hasard que nous avons fait les meilleurs coups.

Apres l'apéritif (accompagné de "salsa" préparée par Mitch avec les tomates, piments jalapeño et maïs de son jardin), nous sommes rentrés pour manger la suite au chaud. Il fait toujours froid quand le soleil se couche, dans cette vallée au climat quasi désertique.

Au menu (végétarien pour Vince et Tammy) : salade grecque, spanakopita (une tourte grecque aux épinards, à la feta et à l'aneth), gombos à la tomate, pain et fromage maison (les chefs d'œuvre de Pierre !) et gâteau au chocolat (selon l'inégalable recette de Papa) avec des fraises. J'en salive. Heureusement il y a des restes !

13 août 2005

Petit écureuil...

Un petit article, très court pour changer. Je voulais vous présenter l'écureuil du voisin (enfin l'écureuil qui a élu domicile dans l'arbre du voisin). J'ai pris la photo il y a quelques minutes.

Mignon n'est-ce pas ? Cette horrible bête pousse des cris d'orfraie tous les matins pour faire peur au chat (du même voisin) qui s'approche un peu trop près de son arbre. Il pousse un cri qui ressemble à la fois à un corbeau qui croasse et à un chat qui crache. On ne peut rêver plus agréable au réveil... :-) Voici le chat il y a quelques semaines. Il est tellement ballot qu'il ne ferait pas de mal à une mouche ! L'écureuil n'a rien à craindre !

10 août 2005

L'art du résumé...

Je crois qu'un style synthétique s'impose sinon je n'arriverai pas à raconter les mille et uns petits moments qui ont fait notre quotidien ces dernières semaines.

  • Samedi 30 Juillet: levés exceptionnellement tôt (... peut-être 9 heures !) nous avons pu aller à pied (une bonne demi-heure au soleil dans chaque sens), en passant devant les maisons au gazon bien vert, jusqu'au marché de Sunnyvale, qui occupe chaque semaine la rue du "vieux" centre-ville (la ville a été fondée vers 1897...), Murphy Street. Les producteurs de la Central Valley et de Sonoma County (au nord de San Francisco), entre autres, viennent vendre leurs fruits et légumes (bios pour la plupart), amandes, fleurs, savons et bijoux artisanaux, pâtisseries, pains et produits "traiteur"... Nous avons craqué pour tellement de ces délices qu'il a fallu cuisiner tout le week-end ! Et nous n'avons pas fait les choses à moitié... Flan de courgettes à l'estragon, feuilles de vigne farcies, ratatouille, cake au pesto, porc à la moutarde, glace à la lavande, petits sablés, fromage frais aux herbes, pain (le tout maison de A à Z bien entendu !)... Cela fait plus d'une semaine que nous tentons de vider le frigo en s'y servant midi et soir !

  • Dimanche 31 Juillet : en fin d'après-midi nous avons fait une bonne heure de roller dans Shoreline Park, un grand parc municipal au bord de la baie à Mountain View. La piste cyclable est bordée de grandes herbes sèches, de pins et d'eucalyptus, de mûres. Sous la douce chaleur du soleil couchant on se serait cru en Provence. En s'approchant de l'eau on longe d'abord des ruisseaux et des marécages où une multitudes d'oiseaux (aigrettes, hérons, canards) se promènent. Sur la baie toute bleue ce sont les pellicans (des gris et des blancs à bec jaune) qui pêchent en rasant l'eau. Mais parmi cette nature presque sauvage la ville ne se laisse pas oublier : bruit de l'autoroute 101 toute proche, pylônes électriques, rivière canalisée. Et les cyclistes et joggers qui nous croisent. Un mélange typique du "sud de la baie" ! La prochaine fois j'emporte mon appareil photo pour immortaliser ces minutes de tourisme urbain.


  • Première semaine d'Août : nous sommes abonnés à Netflix, un service de location de DVDs par internet. Une autre "success story" de la Silicon Valley qui a commencé dans un garage... On choisit les DVDs en ligne et on les reçoit par la poste un par un. Quand nous en renvoyons un on nous expédie le suivant. Les Premiers Films des Frères Lumière, commentés par le conservateur du musée Lumière de Lyon sont fascinants. Nous les avions vus sur grand écran à Monplaisir en Avril avec les parents de Pierre et n'avons pas résisté à revoir ces chefs d'œuvre de 50 secondes chacun, véritables tableaux impressionnistes animés. A voir absolument (si possible au musée) !

  • Vendredi 5 Août : Cécile est venue de Vancouver passer le week-end à San Francisco. Nous sommes allés la voir chez Rob et Wendy au bout du Golden Gate Park vendredi soir après avoir mangé d'exquis sushis dans le Sunset District avec Vince et Tammy. Excellente soirée qui s'est terminée vers 2 heures (+ 1 heure pour rentrer à la maison...).

  • Samedi 6 Août : le lendemain nous sommes retournés les voir. Nous sommes allés manger des crèpes bretonnes chez Ti Couz dans le quartier de la Mission où habitaient Roland et Cécile (nous sommes même allés nous garer dans la cour de leur ancien immeuble faute de place dans la rue !). Choc thermique : il faisait bien 35 degrés à Sunnyvale, à peine une quinzaine dans le brouillard de San Francisco. Après les crèpes nous avons rejoint Doug, Kathy et les autres dans un quartier où nous n'avions jamais mis les pieds, Hunters Point. Pas très bien famé... Mais le bar Monte Carlo était superbe, tout illuminé au milieu des rues sombres et désertes. Quartier Noir loin de tout et que nous ignorions. Lil'Wolf and the Hellcats, le groupe de Doug (il est guitariste), joue du blues au Monte Carlo tous les samedis depuis quelques temps. Ambiance qui fait penser à la Nouvelle Orléans, avec des guirlandes de perles qui décorent le plafond, le menu aux saveurs cajuns. Les hommes portent tous costumes et chapeaux de feutre. Les femmes sont tout aussi élégantes. La clientèle est relativement âgée, les pas de danse s'enchaînent avec un facilité et une nonchalance très classe. Autant dire que nous faisons tache, nous les jeunes blancs des quartiers fortunés, habillés n'importe comment ! Mais il ne faut pas longtemps à la patrone pour nous associer à la fête et nous faire danser. Même si nous restons l'attraction des habitués du Monte Carlo, l'ambiance est joviale et nous profitons de quelques heures de blues et de cocktails fort agréables. En partant toutes les tables que nous croisons au passage nous disent au revoir ! On nous dit aussi "be safe"... Incroyable îlot de paradis dans ce quartier triste à pleurer. Nous reprenons la voiture. Dès que nous passons sous le pont de la 101 et quittons les docks pour retourner au centre-ville les rues s'illuminent, les immeubles grandissent, San Francisco retrouve un aspect plus connu pour nous. Cette soirée a vraiment été un choc culturel. Ce qui frappe à San Francisco c'est la diversité de ses habitants : pauvres, riches, baba cools et snobinards, punks ou ecolos... Il y a des quartiers comme partout aux Etats-Unis : Chinatown, Japantown, le quartier français, le quartier gay, les quartiers hors de prix, le quartier des affaires, les quartiers touristiques. Mais tout le monde semble se mélanger et parcourir ces rues sans disctinction. Se retrouver dans ce quartier très pauvre où tout le monde était noir et dans ce bar où tout le monde était habillé de la même façon a eu quelque chose de très étrange et qui ne collait pas du tout avec l'idée que nous avions de cette belle ville cosmopolite et sans frontières. Comme quoi une ville idéaliste n'atteint pas facilement son ideal...

  • Dimanche 7 Août : dans l'après-midi Ed nous téléphone : il part le lendemain passer ses dernières semaines aux US avec ses parents au sud de Los Angeles. Ensuite il s'envolera vers Paris pour étudier le droit un an à la Sorbonne, et compte ensuite trouver du travail en France. Nous n'avons pas le courage de rouler une troisième fois de suite jusqu'à San Francisco. Nous nous retrouvons au Bistro Vida de Menlo Park, un restau français parmi plein d'autres dans cette ville cossue au nord de Palo Alto (les français vivent souvent dans des quartiers chics. Pas tous !). Je ne résiste pas à l'idee du Boudin Noir aux pommes. Cela s'avère un très bon choix. Dès 21 heures les rues et les restaurants sont déserts (heureusement nous sommes arrivés tôt pour laisser le temps à Ed de fêter son départ avec ses collocataires dans la belle maison de Fort Mason). Nous laissons partir un ami de plus, à la fois soumis à cette idée qui a eu le temps de faire son chemin, et sonnés par le soudain vide que ce départ crée.

Voila donc un resumé de ces deux derniers week-ends. Je dis "resumé" malgré la longueur car il y aurait tant à dire ! Tiens par exemple j'ai oublié de parler du marchand de glace qui passe dans les rues de notre quartier en poussant un petit chariot à clochettes. "Gling gling gling" plusieurs fois par jours le week-end. Il est concurrencé par un autre vendeur en camionette avec un klaxon qui fait de la musique...

Mais concluons. Heureusement pour vous, lecteurs, je ne tape pas assez vite pour décrire tout ce qui me passe devant les yeux ou les oreilles (ou les narines). Sinon ce blog serait un roman fleuve !

A bientôt !