Nouvelles de Californie

10 août 2005

L'art du résumé...

Je crois qu'un style synthétique s'impose sinon je n'arriverai pas à raconter les mille et uns petits moments qui ont fait notre quotidien ces dernières semaines.

  • Samedi 30 Juillet: levés exceptionnellement tôt (... peut-être 9 heures !) nous avons pu aller à pied (une bonne demi-heure au soleil dans chaque sens), en passant devant les maisons au gazon bien vert, jusqu'au marché de Sunnyvale, qui occupe chaque semaine la rue du "vieux" centre-ville (la ville a été fondée vers 1897...), Murphy Street. Les producteurs de la Central Valley et de Sonoma County (au nord de San Francisco), entre autres, viennent vendre leurs fruits et légumes (bios pour la plupart), amandes, fleurs, savons et bijoux artisanaux, pâtisseries, pains et produits "traiteur"... Nous avons craqué pour tellement de ces délices qu'il a fallu cuisiner tout le week-end ! Et nous n'avons pas fait les choses à moitié... Flan de courgettes à l'estragon, feuilles de vigne farcies, ratatouille, cake au pesto, porc à la moutarde, glace à la lavande, petits sablés, fromage frais aux herbes, pain (le tout maison de A à Z bien entendu !)... Cela fait plus d'une semaine que nous tentons de vider le frigo en s'y servant midi et soir !

  • Dimanche 31 Juillet : en fin d'après-midi nous avons fait une bonne heure de roller dans Shoreline Park, un grand parc municipal au bord de la baie à Mountain View. La piste cyclable est bordée de grandes herbes sèches, de pins et d'eucalyptus, de mûres. Sous la douce chaleur du soleil couchant on se serait cru en Provence. En s'approchant de l'eau on longe d'abord des ruisseaux et des marécages où une multitudes d'oiseaux (aigrettes, hérons, canards) se promènent. Sur la baie toute bleue ce sont les pellicans (des gris et des blancs à bec jaune) qui pêchent en rasant l'eau. Mais parmi cette nature presque sauvage la ville ne se laisse pas oublier : bruit de l'autoroute 101 toute proche, pylônes électriques, rivière canalisée. Et les cyclistes et joggers qui nous croisent. Un mélange typique du "sud de la baie" ! La prochaine fois j'emporte mon appareil photo pour immortaliser ces minutes de tourisme urbain.


  • Première semaine d'Août : nous sommes abonnés à Netflix, un service de location de DVDs par internet. Une autre "success story" de la Silicon Valley qui a commencé dans un garage... On choisit les DVDs en ligne et on les reçoit par la poste un par un. Quand nous en renvoyons un on nous expédie le suivant. Les Premiers Films des Frères Lumière, commentés par le conservateur du musée Lumière de Lyon sont fascinants. Nous les avions vus sur grand écran à Monplaisir en Avril avec les parents de Pierre et n'avons pas résisté à revoir ces chefs d'œuvre de 50 secondes chacun, véritables tableaux impressionnistes animés. A voir absolument (si possible au musée) !

  • Vendredi 5 Août : Cécile est venue de Vancouver passer le week-end à San Francisco. Nous sommes allés la voir chez Rob et Wendy au bout du Golden Gate Park vendredi soir après avoir mangé d'exquis sushis dans le Sunset District avec Vince et Tammy. Excellente soirée qui s'est terminée vers 2 heures (+ 1 heure pour rentrer à la maison...).

  • Samedi 6 Août : le lendemain nous sommes retournés les voir. Nous sommes allés manger des crèpes bretonnes chez Ti Couz dans le quartier de la Mission où habitaient Roland et Cécile (nous sommes même allés nous garer dans la cour de leur ancien immeuble faute de place dans la rue !). Choc thermique : il faisait bien 35 degrés à Sunnyvale, à peine une quinzaine dans le brouillard de San Francisco. Après les crèpes nous avons rejoint Doug, Kathy et les autres dans un quartier où nous n'avions jamais mis les pieds, Hunters Point. Pas très bien famé... Mais le bar Monte Carlo était superbe, tout illuminé au milieu des rues sombres et désertes. Quartier Noir loin de tout et que nous ignorions. Lil'Wolf and the Hellcats, le groupe de Doug (il est guitariste), joue du blues au Monte Carlo tous les samedis depuis quelques temps. Ambiance qui fait penser à la Nouvelle Orléans, avec des guirlandes de perles qui décorent le plafond, le menu aux saveurs cajuns. Les hommes portent tous costumes et chapeaux de feutre. Les femmes sont tout aussi élégantes. La clientèle est relativement âgée, les pas de danse s'enchaînent avec un facilité et une nonchalance très classe. Autant dire que nous faisons tache, nous les jeunes blancs des quartiers fortunés, habillés n'importe comment ! Mais il ne faut pas longtemps à la patrone pour nous associer à la fête et nous faire danser. Même si nous restons l'attraction des habitués du Monte Carlo, l'ambiance est joviale et nous profitons de quelques heures de blues et de cocktails fort agréables. En partant toutes les tables que nous croisons au passage nous disent au revoir ! On nous dit aussi "be safe"... Incroyable îlot de paradis dans ce quartier triste à pleurer. Nous reprenons la voiture. Dès que nous passons sous le pont de la 101 et quittons les docks pour retourner au centre-ville les rues s'illuminent, les immeubles grandissent, San Francisco retrouve un aspect plus connu pour nous. Cette soirée a vraiment été un choc culturel. Ce qui frappe à San Francisco c'est la diversité de ses habitants : pauvres, riches, baba cools et snobinards, punks ou ecolos... Il y a des quartiers comme partout aux Etats-Unis : Chinatown, Japantown, le quartier français, le quartier gay, les quartiers hors de prix, le quartier des affaires, les quartiers touristiques. Mais tout le monde semble se mélanger et parcourir ces rues sans disctinction. Se retrouver dans ce quartier très pauvre où tout le monde était noir et dans ce bar où tout le monde était habillé de la même façon a eu quelque chose de très étrange et qui ne collait pas du tout avec l'idée que nous avions de cette belle ville cosmopolite et sans frontières. Comme quoi une ville idéaliste n'atteint pas facilement son ideal...

  • Dimanche 7 Août : dans l'après-midi Ed nous téléphone : il part le lendemain passer ses dernières semaines aux US avec ses parents au sud de Los Angeles. Ensuite il s'envolera vers Paris pour étudier le droit un an à la Sorbonne, et compte ensuite trouver du travail en France. Nous n'avons pas le courage de rouler une troisième fois de suite jusqu'à San Francisco. Nous nous retrouvons au Bistro Vida de Menlo Park, un restau français parmi plein d'autres dans cette ville cossue au nord de Palo Alto (les français vivent souvent dans des quartiers chics. Pas tous !). Je ne résiste pas à l'idee du Boudin Noir aux pommes. Cela s'avère un très bon choix. Dès 21 heures les rues et les restaurants sont déserts (heureusement nous sommes arrivés tôt pour laisser le temps à Ed de fêter son départ avec ses collocataires dans la belle maison de Fort Mason). Nous laissons partir un ami de plus, à la fois soumis à cette idée qui a eu le temps de faire son chemin, et sonnés par le soudain vide que ce départ crée.

Voila donc un resumé de ces deux derniers week-ends. Je dis "resumé" malgré la longueur car il y aurait tant à dire ! Tiens par exemple j'ai oublié de parler du marchand de glace qui passe dans les rues de notre quartier en poussant un petit chariot à clochettes. "Gling gling gling" plusieurs fois par jours le week-end. Il est concurrencé par un autre vendeur en camionette avec un klaxon qui fait de la musique...

Mais concluons. Heureusement pour vous, lecteurs, je ne tape pas assez vite pour décrire tout ce qui me passe devant les yeux ou les oreilles (ou les narines). Sinon ce blog serait un roman fleuve !

A bientôt !