Nouvelles de Californie

06 octobre 2005

Septembre

Aïe aïe aïe... Le temps court plus vite que moi ! Septembre est passé si vite que nous n'avons pas eu le temps de dire ouf. Je n'arriverai jamais à raconter les mille et unes petites anecdotes qui ont fait notre quotidien en cette fin d'été 2005. Adoptons une fois encore le style "synthétique" (tout est relatif !) pour pouvoir tourner la page et reprendre une rédaction plus fréquente.

Voici donc septembre "dans une coquille de noix", comme ils disent ici :

  • Le week-end à Washington est déjà presque un lointain souvenir. Ne restent que les bonnes impressions : le soleil, le sentiment d'être entouré d'histoire, de culture, de vie politique, de marbre et de brique rouge. Il faudra y retourner pour entrer dans les détails, passer plus de temps dans chaque musée, voir les cerisiers du Japon en fleur, manger dans de plus nombreux restaurants. Je repense avec émotion aux fabuleux tapas de Jaleo. Hmmm... Les seiches dans leur encre me font encore saliver ! Pour les détails de ce beau week-end vous pouvez aller voir toutes nos photos sur Hémisphère Ouest (désolée, nous n'avons pas encore eu le temps de faire le tri...).

  • Les jolis petits écureuils au fond du jardin ont arrêté de hurler : ils se sont mis à grater partout pour enterrer des noix ou tout ce qui leur passe sous le nez, laissant derrière eux un véritable carnage, des plantes déterrées, des trous dans les pots de fleurs et dans le sol. Notre ami Vince a l'esprit pratique : il nous a prêté un piège. Quelques cacahuètes ("grillées à sec, non salées" a-t-il précisé) les attirent dans la cage qui se referme une fois les cacahuètes englouties : il suffit de relâcher l'animal dans un parc, si possible de l'autre côté de l'autoroute... La "chasse" a été plus fructueuse que nous l'espérions : à notre actif, neuf écureuils, quatre moineaux et une petite souris grise qui sont allés repeupler les bords de la Baie. Le voisin ayant déménagé avec son chat, le jardin est bien vide à présent. Mais au moins les tomates poussent en toute sérénité !

  • Notre ami Mike a été accepté à l'université de Los Angeles, UCLA, pour un MBA. Les études dureront deux ans. Il a donc quitté Kodak quelques jours avant la rentrée des classes, mi-septembre, au grand désespoir de tous ses collègues, nous les premiers. Failop l'a suivi : elle travaillera toujours pour Kodak, mais de la maison, ce qui n'est pas très gênant puisque la plupart ses clients sont en "Californie du Sud" (Los Angeles, San Diego). Nous les avons aidés à demenager il y a deux semaines. Les pauvres n'ont eu que des ennuis, du camion qui n'était pas la le jour-J à la porte qui se referme avec les clés et téléphones portables à l'intérieur. Mais après tous ces déboirs ils ont l'air de prendre leurs marques dans le beau quartier de Westwood, non loin de l'université, de Santa Monica, de de Bel Air et Beverly Hills... Nous irons leur rendre visite dès que possible.

  • La première goutte de pluie depuis le mois de mai (peut-être même avril, c'est si loin qu'on ne se souvient plus) est tombée le 20 septembre : 1 millimètre d'eau (!) est tombé sur Sunnyvale en quelques minutes, après l'arrivée de gros nuages sombres, de nombreux éclairs et coups de tonnerre qui ont surpris tout le monde. L'orage, sur son court passage, est venu couper l'électricité dans la rue où nous travaillons. Nous étions dans le noir complet et le désœuvrement nous a poussés à rentrer chez nous en plein après-midi. Toute la rue s'est vidée en une heure. Sans ordinateur on ne peut absolument rien faire. Depuis plus une goutte. Le ciel a repris son bleu habituel, tacheté de quelques nuages en fin de journée (juste assez pour créer de superbes couchers de soleil). Il fait légèrement plus frais le soir, les couleurs deviennent plus chaudes et plus mélancoliques, la lumière est moins agressive. L'odeur de l'air, aussi indéfinissable et imperceptible soit-elle, me plonge dans une douce nostalgie. Ce sont les plus beaux jours de l'année.

  • Le mois s'est fini en allemand ! Sébastien, qui a fait un stage d'un an chez National Semiconductor en 2002/2003 (nous l'avions recruté à CPE Lyon) travaille désormais à Munich dans notre ancienne entreprise (plus exactement a Fürstenfeldbruck, banlieue ouest de Munich où nous avons passé six mois en 2001). National l'a envoyé en stage à San Diego et à Santa Clara : il en a profité pour venir passer deux semaines de vacances en Californie avec son amie Karin, une mignone petite bavaroise aux longs cheveux bruns et au regard pétillant, qui ne parle ni français ni anglais. Il nous a donc fallu ressortir nos plus belles phrases dans la langue de Goethe, partie aux oubliettes depuis que nous parlons anglais tous les jours. Les premières phrases ont été laborieuses et comiques, selon les points de vue. "Wir haben Orangen juice und milk" etc... Quelques mots d'espagnol sont venus se glisser au milieu de ce charabia. Mais après quelques heures nous étions déjà un peu plus à l'aise. J'irai jusqu'à dire que nous avons reparlé allemand avec plaisir. Et nous n'étions pas peu fiers d'étaler nos connaissances linguistiques !

  • Je passe sur les autres petites aventures du quotidien, ma nouvelle prof de yoga Mojdeh, les lunches entre filles chez Lamia, l'arrivée de notre nouveau collègue Paul, le cours de corde à sauter auquel Failop m'a trainée avant son départ, la délicieuse soupe de "butternut squash" réalisée avant-hier dans un élan d'exploration de la cuisine américaine (un régal, cette soupe), les 94 ans de Mamie et la hanche cassée de Mémé, qui en a 95, la reprise des cours d'espagnol en groupe à Homestead Highschool avec Wanda et des étudiants bien sympas, les conversations en français avec Vince qui est parti voir Ed, Anne-Sophie et Luc à Paris et à Nice, la lecture de son roman Nausica qui prend forme, mes nouvelles addictions au forum de Marmiton et au blog de Celeste (une amie de Vince), etc etc...

Ouf ! Me voilà à jour. Octobre peut commencer. Mais... Nous sommes déjà le 6. La course contre le temps ne s'arrête jamais...