Nouvelles de Californie

20 décembre 2005

Los Angeles en hiver

Les vacances de Noël n'ont jamais été si proches : nous prenons l'avion tout à l'heure en direction de Lyon. En guise de "mise en jambes" pour ces deux semaines et demie de farniente familial, nous sommes allés rendre visite à Mike et Failop dans leur nouvel appartement de Los Angeles le week-end dernier.

Si vous avez lu mes posts précédents vous savez déjà que Mike a quitté Kodak pour faire un MBA à UCLA, et que Failop travaille désormais de chez elle (toujours pour Kodak) dans le sud de la Californie. En dehors du travail nous avions l'habitude d'aller nous balader ensemble, que ce soit à Yosemite ou dans la Baie. Et c'est donc avec beaucoup de regrets que nous les avons vus partir il y a quelques mois...

Nous étions tout contents de nous revoir jeudi soir. A la sortie de l'aéroport nous sommes allés fêter nos retrouvailles autour d'un barbecue japonais : viandes, poissons et légumes délicieusement marinés, aux saveurs orientales, grillés par nous-même au centre de la table. Nous avons ensuite rejoint le bel appartement dans un petit immeuble de Westwood. La rue, un cul-de-sac, est bordée de ces grosses maisons de quatre ou cinq appartements. Celui de Mike et Failop est sur trois étages. Au rez-de-chaussée, leur chambre et une immense salle de bain. Au premier, le salon et la cuisine, ouverte (à l'américaine), séparée de la pièce principale par un mur à mi-hauteur. Au-dessus de la cuisine, une mezzanine : le bureau de Failop et une plus petite salle de douche. Les murs sont blancs et comportent quelques fenêtres à gros carreaux inamovibles. Il y a aussi de grandes baies vitrées donnant sur des balcons, au deuxième et au troisième étage, et une ouverture dans le plafond. Derrière les fenêtres, d'immenses bambous laissent entrer une lumière douce et donnent l'impression d'être à l'écart du monde. La décoration est très contemporaine et emplit à merveille ces pièces superposées sans délimitations précises. Meubles noirs aux formes modernes, nombreuses affiches, lampes, vases, des plantes... Un vrai régal pour les yeux, une belle harmonie. En cinq minutes nous nous sentons comme chez nous !

Vendredi Failop doit travailler. Mike nous emmène à pied sur le campus de son université, après le petit déjeuner (un croissant tout frais au bon goût de beurre, aussi bon qu'en France !) dans l'une des innombrables pâtisseries-boulangeries françaises du quartier. Nous passons devant les magasins du quartier de Westwood, petit village au milieu de l'immensité urbaine. Les rues résidentielles sont bordées d'arbes exotiques : bananiers, cocotiers, palmiers et cactus. Les nombreux magnolias sont tous en fleurs, de même que les chevrefeuils qui grimpent aux grillages. L'université est en travaux : nous passons entre les bâtiments tout neufs de la faculté de médecine. Briques, bois, beton : c'est moderne et élégant. Au fond, une réplique d'église de Bologne. Plus loin à droite nous entrons dans un jardin de scultptures. Les silhouettes sont tour à tour musclées, potelées, longilignes. Toutes sont en bronze. Quelques œuvres abstraites. Plus loin nous faisons un tour dans le jardin botanique, caché au creu d'une cuvette derrière la cité universitaire.

De retour à la maison nous prenons la voiture et allons manger des paninis dans un café bio et branché de Brentwood, un quartier tout aussi acceuillant, quelques miles plus à l'ouest. Avant que le soleil ne se couche (la journée est un peu décalée car nous nous sommes levés tard), nous filons au Getty Center. Nous nous garons au pied de la colline et grimpons en funiculaire. Nous profitons de l'architecture moderne à l'extérieur tant qu'il fait jour : succession de courbes et de lignes droites, variété des textures qui accrochent la lumière jaunissante ou la rejettent avec éclat. Le jardin central est très beau, avec ses grandes "jarres" de bougainvilliers, la vue sur l'immense ville à nos pieds.
Nous visitons quelques expositions : photographies de journalisme et scènes de crime immortalisées par Weegee. Nous manquons presque les impressionistes. Nous nous arrêtons un long moment devant les manuscripts enluminés personnels de Louis XII.

En rentrant nous décidons de cuisiner tous ensemble. Après avoir fait les courses chez Whole Foods (où le garage souterrain nous rappelle ceux des Monoprix de centre-ville en France), Mike prépare une onctueuse soupe à la courge butternut et aux poires, pendant que Failop inaugure sa toute nouvelle cocotte minute avec une recette de filet mignon de porc aux herbes de Provence. Pierre et moi préparons une tarte aux pommes.

Samedi nous visitons Downtown Los Angeles tous les quatre. Le Walt Disney Concert Hall retient notre attention un bon moment avec ses formes métalliques alambiquées. Nous suivons ensuite un parcours de notre guide, qui nous ammène dans un marché couvert, une rue où tout le monde parle mexicain, le plus ancien immeuble de style victorien de la ville, et devant d'anciennes salles de cinéma, des hotels chics, la bibliothèque, de belles fontaines, des peintures murales, le MOCA (musée d'art contemporain) et même une patinoire en plein air. Nous assistons aussi au tournage d'une publicité pour une Cadillac. Il paraît qu'il y a en moyenne 150 tournages par jour dans l'agglomération de Los Angeles (selon notre guide de 1998).

Dans l'après-midi nous traversons en voiture le quartier chinois et allons manger des sandwiches "french dipped" (le pain en forme de baguette, au lieu du traditionnel pain de mie, est trempé dans du jus de viande). Avec de la moutarde forte c'est amusant. Sur le comptoir, des oeufs durs sont conservés (entiers mais sans la coquille) dans un jus couleur betterave... C'est intriguant.

Nous continuous en voiture et traversons le quartier coréen, le quartier ethiopien, et passons devant le célèbre Rodeo Drive où les stars viennent faire leur luxueux shopping, avant de rentrer à la maison. Nous réservons des places au Groundlings Theater, mangeons grec au Sofi, et finissons donc la soirée devant un comedy show désopilant !

Dimanche nous partons tous les deux de notre côté en direction de Malibu pour nous apercevoir que la Getty Villa, superbe réplique d'une villa romaine, n'ouvre que fin janvier après d'importants travaux... Nous nous arrêtons sur une plage (Malibu Lagoon State Beach) où les surfeurs profitent des vagues en compagnie des pellicans. Le soleil nous chauffe, sur le sable fin : voilà une façon bien agréable de passer l'hiver !

Bonnes fêtes à tous et à l'année prochaine !

05 décembre 2005

Holiday Season

Les journées, soirées et week-ends de travail, très très chargé ces derniers temps, ne m'ont pas laissé le temps d'écrire... ni même de voir l'hiver s'installer en Californie. Il faut dire que l'hiver est resté discret jusqu'à Thanksgiving, fin novembre : le soleil n'a pas fléchi, n'accordant aux nuages qu'une petite heure de gloire à son coucher, pour mieux l'aider à enflammer le ciel. La chaleur s'est discrètement retirée, diminuant de quelques degrés à peine (25 encore il y a une semaine ou deux). Les arbres n'y ont rien compris et se sont mis à refleurir, aidés par quelques gouttes de pluie qui ont mis fin à une sécheresse absolue de six ou sept mois.

Après Halloween et l'amusant défilé d'enfants, petits et grands, venus faire le plein de chocolats et sucreries chez leurs voisins, ce fut le tour de Thanksgiving, de la dinde et de la pumpkin pie (pas pour nous : nous travaillions). Depuis ce jour-là tout a changé. L'hiver, pas très sûr de lui sous cette latitude, hésite encore entre le ciel tout bleu et les orages torrentiels et frisquets. Mais les marchands de jouets et de cadeaux sont réglés comme des horloges, et nous voilà depuis bientôt deux semaines assaillis par les symboles de Noël, point d'orgue de l'incontournable Holiday Season, où les rituels s'enchaînent avec un véritable souci de faire les choses comme il faut. Les maisons du quartier (de notre quartier, mais aussi de tous les autres quartiers d'Amérique) se sont illuminées dès le vendredi (lendemain de Thanksgiving), arborant guirlandes électriques, cerfs et pères-Noël lumineux (et animés !), soldats de plomb de Casse Noisette gonflables hauts d'un étage... Les sapins trônent derrière la fenêtre qui donne sur la rue, pour faire profiter des décorations aux passants et faire preuve de Holiday Spirit. On entend en boucle à la radio, à la télévision et dans les magasins les mille et unes interprétations de "Jingle Bells" et de "Santa Claus is Coming to Town". Tout celà me fascine et m'amuse ("m'interpelle au niveau de mon vécu" comme dirait l'autre). Pourquoi un tel conformisme ? Sans doute un besoin de repères dans un pays immense dont les habitants ont bien peu en commun de l'Alaska à la Floride, avec des modes de vie, des climats et des paysages, des origines, des croyances, des cultures et parfois des langues aussi variés que possible. Pour se sentir unis, rien de tel que de partager quelques traditions. En cette saison elles ne manquent pas ! Et bien sûr nous avons apporté notre pierre à ce grand édifice en décorant notre maison, que voici en photo. "L'intégration sociale par les décorations de Noël"...

Quelques soirées de libres en ce mois de dur labeur nous ont permis de voir de très bons films dont je donne ici la liste avec toutes mes recommandations :


La semaine prochaine nous retournons voir George Clooney dans Syriana : la corruption, le petrole...