Nouvelles de Californie

11 juillet 2006

Encore des vacances !


Cette année nous sommes particulièrement gâtés puisqu'à peine revenus du Mexique, nous voilà sur le point d'aller en Grèce ! Ces vacances-là, contrairement aux précédentes, ont été prévues de longue date. Nous allons retrouver la famille de Pierre en Crête pour fêter toute une semaine les trente ans de mariage de ses parents. Suivra une semaine avec ma famille à Lyon et en Bourgogne. Je vous retrouverai donc sur ce blog début Août. Bon été à tous !

09 juillet 2006

Déboires de jardiniers

Si vous êtes jardinier vous savez (mieux que moi, qui suis encore débutante) toute la patience et l'amour que requiert la culture d'un pied de tomate. On met en terre quelques graines ou un plan encore tout fragile dans sa petite barquette en plastique. On arrose, on laisse les rayons du soleil gonfler les tiges et le vent caresser les feuilles. On revient chaque jour pour voir grandir ce petit bout de nature apprivoisée. Un beau matin on s'aperçoit que les petites fleurs jaunes en trompettes sont devenues de jolies boules duveteuses vert foncé. On attend patiemment. Les tomates grossissent, s'éclarcissent, leur peau se lisse. On attend encore. Elles prennent une jolie couleur jaune. Jour après jour on voit s'étaler une tache rouge-mûr et l'on imagine déjà les belles salades, le jus sucré des tomates gorgées de soleil, mélangé au délicieux parfum du basilic qui pousse pour l'instant à quelques mètres de là. On se retient de cueillir trop tôt ces belles pommes d'or : il faut qu'elles soient mûres à point.


C'est après de longues semaines de soins attentifs et de doux espoirs (qu'elles seront bonnes, nos tomates !) que jeudi dernier, en allant vérifier une fois encore la maturité de notre tomate la plus précoce (les autres, quelques dizaines, sont encore très vertes), nous restions plantés devant la plante, en parfait état mais dépourvue du fruit rouge ! Notre plus beau spécimen avait disparu ! Le voleur avait travaillé en pro : pas une trace. La tomate s'était entièrement volatilisée. Ce ne pouvait donc pas être un escargot (ni même un régiment d'escargots) : pas assez soigneux... Ni les limaces, trop occupées a vider nos fraises de leur substantifique moëlle. Nos doigts accusateurs étaient dirigés tout droit vers les écureuils! Sales bêtes.

Encore toute à l'émotion de cette triste surprise, je m'écroulai dans le hamac posé au beau milieu du jardin. Le lent balancement m'aidait à reprendre mon calme... C'est là que mon regard rêveur se posa sur ce qui devait être une preuve accablante pour nos amis rongeurs : la tomate grignotée brillait en plein soleil sur l'arbre du voisin, où nous avons vu les écureuils faire leur nid ! Elles ne manquent vraiment pas de culot, ces sales bêtes !


Nous filâmes tout droit chez notre marchand pour bricolos, nous munîment de quelques mètres de grillage à poules, installâmes tant bien que mal cette protection branlante autour des pieds de tomates porteurs de tant d'espoirs culinaires, et nous couchâmes confiants que celà suffirait à dissuader les prédateurs.


Bien sûr il n'en fut rien et la tomate suivante, bien qu'encore orangée, a subit le même sort quelques jours plus tard et s'est retrouvée en haut de l'arbre...

Dès demain nous tenterons une nouvelle approche : le relogement des indésirables (nous avons investi dans une cage pour les capturer), si possible dans un parc de l'autre côté de l'autoroute !

01 juillet 2006

Le Mexique, suite et fin

André est rentré pour quelques jours de Fargo où il est parti travailler il y a trois semaines. Thomas est venu assister à une conférence à Monterey. Et nous nous sommes retrouvés tous les quatre en ce samedi midi pour voir gagner la France contre le Brésil et discuter autour d'un bon repas ("le meilleur repas que j'aie mangé depuis trois semaines" d'après André qui n'a pas été impressionné par la cuisine du Dakota du Nord...). Déjeuner façon méridionale (André est de Marseille et avait apporté la plupart des victuailles) : poisson grillé au thym, haricots verts au beurre et aux oignons, salade de tomate au basilic et à l'ail... Pour finir par une glace banane-rhum-raisin confectionnée par nous-même il y a quelques jours.

Quelques heures après ce festin, Thomas est reparti prendre l'avion pour Munich, André a repris la voiture jusqu'à ses pénates de Santa Cruz. Nous avons sorti le hamac, une chaise longue et le parasol, tiré la prise du portable (dont la batterie bat de l'aile) jusque dans le jardin et me voici prête à retourner au Mexique le temps de ce récit. L'air est doux, le soleil caresse la peau dans l'ombre fine de l'amandier du voisin et de délicieux parfums de jasmin, d'oranger et de lavande viennent me chatouiller les narines.


Un petit effort d'imagination pour me retrouver dans l'avion Guadalajara - Cancún... Ah ! Ca y est, m'y voilà. Ce qui frappe (littéralement !) à l'arrivée, c'est la chaleur et l'humidité ambiante. Nous sommes assomés en quittant l'air climatisé de l'aéroport (on nous prévient gentiment que ce sera pire à Mérida). Mais le cri des oiseaux perchés sur de gros arbres réveille vite notre intérêt : nous sommes aux Caraïbes ! Enfin presque... Nous sommes encore un peu (ou de nouveau) aux Etats-Unis, à en juger par la population environnante : jeunes et vieux, gros ou pas, tous en shorts et en tongs, souvent déjà en maillot de bain et prêts à rôtir sur les plages de sable fin, ou déjà cuits à point et prêts à s'en retourner "au nord de la frontière". Les hôtels immenses sont inratables, où que se porte le regard. Après avoir loué une voiture, un acte manqué nous fait prendre l'autoroute directement, sans en voir plus de cette ville transformée semble-t-il en un gigantesque Club Med. Les quelques centaines de kilomètres suivants, plein sud le long de la côte, nous laissent tout aussi dubitatifs : un hôtel, un restaurant "all you can eat", un centre de plongéé, un hôtel, etc... Le tout planté sur une route qui ne s'est pas remise du dernier cyclone et au bord de laquelle les yucatèques vivent dans les débris de leur maison sinistrée tandis que les installations touristiques sont déjà toutes rénovées. Arrivés à Playa del Carmel nous nous approchons de la plage pour boire un verre. Entre les cocotiers, la mer est d'un bleu si éclatant, turquoise au bord des plages blanches, plus foncé au large, que l'on en reste coi. C'est d'une beauté saisissante. Mais à midi le soleil tape si fort qu'il est impossible de faire un geste. Nous décidons d'aller jusqu'à notre hôtel, à Tulum. Il est tenu (pas très bien d'ailleurs) par des Californiens ! Nous passons le reste de la journée dans l'eau, si chaude qu'on n'hésite pas une seconde à s'y plonger, mais qui est malgré tout rafraîchissante dans cet air brûlant et humide où tout prend rapidement une odeur de moisi.


C'est dès le lendemain que nous tombons vraiment sous le charme du Yucatán. Nous commencons la journée par la visite des ruines du port Maya de Tulum. De grosses pyramides au chapeau carré surplombent la mer. La visite est rapide car il y a peu de détails sur les édifices mais la vue est superbe et on se prend à imaginer la tête des conquistadores quand ils ont débarqué ici ! (on imagine aussi la tête des Mayas...). Un peu plus tard la chaleur étant de nouveau insupportable, nous allons nous plonger dans un cenote, une grotte calcaire à l'eau claire et fraîche. La péninsule du Yucatán est plate comme le dos de la main, entièrement calcaire et poreuse : pas la moindre rivière en surface ; l'eau coule dans un immense réseau de galeries et de gottes comme on en trouve dans le Vercors ou en Ardèche, faisant surface à l'occasion dans ces grands trous, les cenotes où nagent de jolis petits poissons. Nous passons bien deux heures le nez sous l'eau, équipés de palmes et d'un tuba. Plus tard dans l'après-midi nous roulons jusqu'à Cobá, un site archéologique Maya perdu en pleine forêt tropicale. De Tulum la route creuse une tranchée toute droite dans cette masse verte.


A Cobá nous nous laissons tenter par un guide (Marcelino) qui nous explique les coutumes Mayas (en particulier le jeu de pelote et l'usage des sacbé, immenses routes blanches rectilignes), l'intérêt archéologique de chaque édifice, la diversité de la faune tropicale... Le tout en espagnol, ce qui nous emplit de fierté car nous comprenons tout ! Communiquer dans une langue étrangère produit toujours en moi une satisfaction sans bornes. L'ascension de la plus haute pyramide du site nous couvre de sueur et nous offre un panorama saisissant sur la forêt qui nous entoure à perte de vue. Nous ne sommes pas au bout de nos découvertes quand nous arrivons à Valladolid un peu plus au nord. En route nous avions vu de gros nuages noirs qui n'avaient versé sur nous que quelques gouttes... Mais à Valladollid, l'orage avait été beaucoup plus violent et quans nous arrivons dans le centre-ville, il est tout inondé ! L'eau déborde sur les trottoirs mais les habitants de ce petit bourg n'ont pas l'air particulièrement alarmés : ils repoussent l'eau hors de leurs maisons comme si de rien n'était. Il nous faut un bon moment pour trouver le B&B "Casa Quetzal" pourtant bien situé sur une grande place, derrière un beau couvent aux pierres rosées. Nous roulons dans d'innombrables rues dont le seul nom est un numéro (pair dans le sens est-ouest, impair dans le sens nord-sud). Les maisons se suivent sans se ressembler : certaines rues sont en piteux état et ont bien triste mine sous la boue de l'innondation. Mais la maison de notre hôte est un véritable palace ! La cour intérieur, bordée de colonnes et d'arches, est immense. Une végétation luxuriante pousse autour de la piscine. La chambre est très luxueuse et nous change de la petite pièce sale, chaude et moisie de la veille. Quelques heures seulement après notre arrivée les rues sont toutes sèches. Nous suivons les conseils de notre hôte et allons dîner à Oasis, Restaurante Familiar. "Vous voulez quelque chose d'authentique ?" nous avait-elle demandé. "Bien sûr !". Nous sommes les seuls étrangers dans ce petit restaurant sympathique et mangons des plats délicieux (inoubliables "Alambres") pour presque rien du tout.


Nous passons les deux jours suivants sur les traces des Mayas, allant de découverte en découverte sur des sites tous uniques en leur genre (différentes influences architecturales, différentes époques de construction...) : Ek'Balam, Chichen Itza, Uxmal. Les sculptures (dieux, serpents, aigles...), les bas reliefs, quelques peintures, et les majestueuses pyramides sont plus belles et impressionantes les unes que les autres.


Les paysages tout plats de la forêt tropicale, les tous petits bouts de villages que nous traversons, les gens qui roulent en triporteur ou coupent des plantes et des racines à la machette le long des routes, les femmes dans leurs robes-tuniques blanches brodées de grosses fleurs, les écoliers en uniformes dans ces coins perdus sont autant d'occasions de se sentir dépaysés. Nous ne nous habituons pas vraiment à la chaleur, sommes trempés de sueur du matin au soir malgré les trois douches quotidiennes, mais ne perdons pas une minute de ce fascinant voyage. En arrivant les premiers sur les sites de bon matin nous sommes tous seuls au milieu des palais aux mille colonnes, des observatoires astronomiques, des jeux de pelote.


Il ne reste plus que deux jours de voyage : nous laissons la voiture à l'aéroport de Mérida et finissons le périple à pied dans les rues de cette belle ville coloniale du nord-ouest de la péninsule. Nous quittons la relative solitude de la jungle pour retrouver une ambiance plus touristique. On nous aborde à chaque coin de rue pour nous faire acheter des hamacs, des robes traditionnelles. Les gens n'insistent pas trop et nous profitons de ces papotages de trottoir pour pratiquer notre espagnol. Nous abordons un autre aspect de l'histoire mexicaine : la colonisation espagnole, les conquistadores, la conversion au catholicisme (les églises et cathédrales ont été construites avec les pierres des pyramides Mayas). On voit aussi de nombreuses peintures sur des évévements plus récents (guerres et révolutions). Comme prévu la chaleur est encore plus écrasante que dans le reste de la péninsule et les moustiques sont voraces ! Mais nous nous plaisons bien dans ces belles rues colorées, sur les places ombragées, dans les nombreuses églises et les beaux musées.


Comme le chantait Luis Mariano, "le temps paraît trop court pour goûter au bonheur de chaque jour"... Et nous voilà déjà dans l'avion de San Francisco, prêts à reprendre notre vie californienne.


Voilà près d'un mois que nous sommes rentrés et la simple évocation de ce voyage me rend toute chose. J'ai hâte d'y retourner un jour !

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