Nouvelles de Californie

09 juillet 2006

Déboires de jardiniers

Si vous êtes jardinier vous savez (mieux que moi, qui suis encore débutante) toute la patience et l'amour que requiert la culture d'un pied de tomate. On met en terre quelques graines ou un plan encore tout fragile dans sa petite barquette en plastique. On arrose, on laisse les rayons du soleil gonfler les tiges et le vent caresser les feuilles. On revient chaque jour pour voir grandir ce petit bout de nature apprivoisée. Un beau matin on s'aperçoit que les petites fleurs jaunes en trompettes sont devenues de jolies boules duveteuses vert foncé. On attend patiemment. Les tomates grossissent, s'éclarcissent, leur peau se lisse. On attend encore. Elles prennent une jolie couleur jaune. Jour après jour on voit s'étaler une tache rouge-mûr et l'on imagine déjà les belles salades, le jus sucré des tomates gorgées de soleil, mélangé au délicieux parfum du basilic qui pousse pour l'instant à quelques mètres de là. On se retient de cueillir trop tôt ces belles pommes d'or : il faut qu'elles soient mûres à point.


C'est après de longues semaines de soins attentifs et de doux espoirs (qu'elles seront bonnes, nos tomates !) que jeudi dernier, en allant vérifier une fois encore la maturité de notre tomate la plus précoce (les autres, quelques dizaines, sont encore très vertes), nous restions plantés devant la plante, en parfait état mais dépourvue du fruit rouge ! Notre plus beau spécimen avait disparu ! Le voleur avait travaillé en pro : pas une trace. La tomate s'était entièrement volatilisée. Ce ne pouvait donc pas être un escargot (ni même un régiment d'escargots) : pas assez soigneux... Ni les limaces, trop occupées a vider nos fraises de leur substantifique moëlle. Nos doigts accusateurs étaient dirigés tout droit vers les écureuils! Sales bêtes.

Encore toute à l'émotion de cette triste surprise, je m'écroulai dans le hamac posé au beau milieu du jardin. Le lent balancement m'aidait à reprendre mon calme... C'est là que mon regard rêveur se posa sur ce qui devait être une preuve accablante pour nos amis rongeurs : la tomate grignotée brillait en plein soleil sur l'arbre du voisin, où nous avons vu les écureuils faire leur nid ! Elles ne manquent vraiment pas de culot, ces sales bêtes !


Nous filâmes tout droit chez notre marchand pour bricolos, nous munîment de quelques mètres de grillage à poules, installâmes tant bien que mal cette protection branlante autour des pieds de tomates porteurs de tant d'espoirs culinaires, et nous couchâmes confiants que celà suffirait à dissuader les prédateurs.


Bien sûr il n'en fut rien et la tomate suivante, bien qu'encore orangée, a subit le même sort quelques jours plus tard et s'est retrouvée en haut de l'arbre...

Dès demain nous tenterons une nouvelle approche : le relogement des indésirables (nous avons investi dans une cage pour les capturer), si possible dans un parc de l'autre côté de l'autoroute !

2 Comments:

  • Et puis, avez-vous réussi à éloigner les bêtes? Je cherche aussi une solution. C'est qu'ils sont imaginatifs (et voraces!)...

    Bon voyage, au plaisir d'avoir une réponse à votre retour!

    Emmanuelle, coach de jardins dans la région de Montréal

    By Anonymous Emmanuelle, at jeudi 17 juillet 2008 à 08:20:00 UTC−7  

  • Pas vraiment... A chaque ecureuil déplacé, un autre vient occuper le nid... C'est sans fin. Nous avons fini par abandonner le jardinage (il ne nous reste que les herbes aromatiques) :-(

    By Blogger Estelle, at jeudi 17 juillet 2008 à 09:52:00 UTC−7  

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