Nouvelles de Californie

28 septembre 2006

Escapade à Monterey

Samedi sur une impulsion, motivée par le besoin de quitter Sunnyvale et de changer d'air, nous réservions une chambre d'hôtel à Monterey (non sans mal car tout était plein !) pour le soir-même. Quelques courses à Whole Foods pour survivre plus tard dans la semaine, deux-trois affaires dans une valise et nous étions en route.

"La 101" (prononcez "one oh one") roule plein sud à travers les buildings de célèbres entreprises hi-tech de la Silicon Valley. Après San Jose les maisons se raréfient lentement. On croise une alternance de golfs impeccables et de champs d'artichauds ou de salades aux allées parfaitement rectilignes où triment en plein soleil, le dos courbé, un groupe de travailleurs tout droit sortis des romans de Steinbeck, dont c'est la patrie.


C'est plus tard que le dépaysement opère : on tourne sur la 156 pour longer la côte jusqu'à notre destination. Les champs laissent place à des dunes de sable qui brillent sur le fond bleu de l'océan. A Monterey nous faisons une première halte sur le Fisherman's Wharf. Ce haut lieu historique (les Chinois avec le poisson séché puis les Italiens avec le poisson frais, ont amorcé la prospère industrie de pêche qui a rendu Monterey célèbre) est envahi de boutiques et restaurants pour touristes. Ce n'est pas grave : on peut quand même s'approcher de l'eau pour y voir jouer des loutres de mer et des otaries.



Nous nous garons ensuite un peu plus loin pour découvrir le centre-ville, "caché" loin de l'eau, du port et de la célèbre rue de la sardine (Cannery Row). Nous y découvrons une multitude de beaux bâtiments historiques : la Royal Presidio Chapel (le plus vieil édifice de Monterey), de belles maisons en adobe, le Colton Hall où fut signée la première constitution de Californie. Loin du port et de l'aquarium, que nous ne retournerons pas voir cette fois-ci, nous sommes tout seuls : pas un touriste, pas un habitant non plus. Nous nous arrêtons pour manger une pâtisserie au Monterey Live, sur Alvarado street (une jolie rue commerçante), où un groupe de Blue Grass répète pour le concert du soir-même.


Plus tard nous roulons jusqu'à Pacific Grove pour y admirer le coucher du soleil depuis la belle plage d'Asilomar. L'océan est calme mais les nombreux rochers qui nous séparent du large sont autant d'obstacles pour les vagues qui s'y brisent et nous offrent un fabuleux spectacle.


A l'heure du dîner nous hésitons à retourner du côté de Cannery Row qui a été de loin le quartier le plus animé de la journée. Mais nous optons pour le centre-ville, où nous espérons trouver un restaurant plus "couleur-locale" et moins touristique. En roulant dans les rues sombres et désertes nous apercevons de la lumière : "Bistro Montrio", sur Calle Principal, a l'air d'être ce que nous cherchons. Le restaurant est bondé (c'est donc là que tout le monde se cache !), l'ambiance jeune et sympathique. Les joues de veau braisées et le steak fumé sont délicieux, de même que le sorbet ananas-vanille auquel nous ne savons pas résister.


Dimanche nous continuous notre modeste exploration gastronomique et faisons halte au Red House Café de Pacific Grove (sur LightHouse Avenue) pour le brunch. Il faut faire la queue (c'est bon signe) pour enfin déguster un croissant au jambon et aux oeufs brouillés, ou des oeufs Benedict. Classique mais fort agréable sur le porche ombragé de cette belle maison victorienne.


Nous poursuivons jusqu'à la côte. Le phare est fermé mais nous nous approchons de l'eau, y plongeons les pieds (c'est frais mais qu'est-ce que l'eau est claire !). Le sable est grossier mais très clair, avec la belle teinte légèrement grise du granite dont il est constitué, et couvert de jolis coquillages. Les vagues sont encore plus belles que la veille sous le soleil de midi. La mer est sombre et calme. Au bord des plages elle devient turquoise et translucide. Les vagues explosent en superbes nuages blancs que survolent les pellicans. Sur les plus gros rochers, une colonie de cormorans se réchauffe au soleil. Nous restons là un moment, fascinés par les mouvements de l'eau.


C'est ainsi qu'en ces 23 et 24 septembre, nous avons oublié Sunnyvale et pris le bon air marin...

14 septembre 2006

Le quotidien

Est-ce l'âge ou la sagesse ? Il semble qu'avec le temps le besoin de repères temporels s'accroisse, face au tourbillon des semaines cahotiques qui passent sans crier gare. Loin d'avoir une vie rangée, nous avons instauré quelques rendez-vous incontournables pour nous donner le temps de voir passer le jours. Voici quelques rituels hebdomadaires :

Lundi, les cours d'Ashtanga Yoga. C'est une forme de yoga un peu sportive, ou les lotus et autres contorsions s'enchaînent en une suite de mouvements d'un genre athlétique (sauts entre les mains posées à plat par terre). Un moyen efficace de se défouler et retrouver un peu de calme... très en vogue en Californie et ailleurs.

Jeudi, les cours d'espagnol. C'est surtout un rendez-vous social car notre langue maternelle latine nous donne un petit avantage sur nos "camarades de classes" anglophones qui ont du mal avec les genres, les verbes pronominaux et les traductions. Nous avançons lentement mais sûrement, dans une salle du lycée Homestead High School prêtée à l'Adult Education Center de Sunnyvale. Les couloirs et les salles de classes, bien que calmes à l'heure tardive où nous arrivons, ont le charme des campus américains : des affiches de campagne électorale pour le bureau des élèves, des invitations à joindre des clubs (mon favori : "Random Acts of Kindness Club" le club des actes de gentillesse aléatoires - la semaine dernière ils offraient des parts de gâteau à qui voulait bien les manger), et d'interminables rangées de casiers. Dans les salles, de petits pupitres individuels, des messages personnels sur le tableau blanc, des posters fabriqués par les élèves. On se croirait dans "Sauvés par le gong" !

Mardi et jeudi, un peu de vélo pour aller travailler. Cette habitude-là est plus récente que les autres, mais nous nous y tenons bien depuis quelques mois. Il y en a pour un petit quart d'heure. C'est tout plat, sauf pour deux ponts au-dessus de deux grosses autoroutes. Quelques pistes cyclables, des trottoirs. Balade facile et agréable sous le ciel bleu et frais du matin et du début de soiree. Ca nous donne un air décallé, dans ce monde de voitures (le vélo est plus considéré comme un sport qu'un moyen de transport). Les seuls autres cyclistes sur notre trajet sont mexicains (que des hommes). Mais aurions-nous lancé la mode ? Nos collègues s'y mettent !

Lundi, mercredi et vendredi, de bons petits plats à midi. Trois fois par semaine, nous apportons notre repas au bureau. C'est déjà pas mal quand les autres sortent tous les jours. Nous accompagnons nos collègues au restaurant mardis et jeudis pour varier les plaisirs et goûter aux mille et une cuisines exotiques que la région peut offrir. Nous ne passons pas inaperçus avec notre pique-nique bien français. Tout d'abord : de vraies assiettes qui cassent, de vrais couverts en métal... De quoi provoquer l'admiration de tous les collègues qui passent par ici avec leur boîte en polystyrène ou leur tupperware. La présentation fait partie du plaisir, n'est-ce pas ? Ensuite, une salade souvent toute bête avec une vinaigrette maison, du vrai pain, de l'eau. Un yaourt nature, un fruit. Parfois un reste de repas cuisiné avec amour, ou du pâté et des cornichons bien craquants. Pas un sandwich tout gras avec des frites achetés au "roach coach" ("le bus à cafards"... plaisant surnom de l'estafette qui vient preparer ces mets aux odeurs de friture devant la porte d'entrée des entreprises et dont nos collègues se sont accommodés, surtout par paresse). Vivent les assiettes ! Vivent les légumes !

Et vous, comment rythmez-vous vos semaines ?